"Beaucoup plus qu’à son créateur,
l’œuvre d’un peintre appartient à qui l’apprécie"
Sur les murs de l’amicale, du 8 au 23 septembre 2007,
Jean-Paul, promoteur de l’Art sous toutes ses formes,
nous a proposé de découvrir les œuvres de
BIOGRAPHIE
Jean Peguet est né à Charlieu le 17 décembre 1929. Très jeune, il part avec sa famille habiter Roanne. Son père était originaire de La Croix-Leigne. Scolarisé à Roanne, il entre à l'Ecole Pratique (l'équivalent de nos lycées professionnels) où il apprend le métier de tourneur sur métaux. Il passera 29 ans dans une société roannaise qui finissait des pièces d'acier en sous-traitance avant d'être licencié.
Il décide alors avec sa femme et ses 2 enfants de quitter le Loire pour s'installer à Grignan (célèbre pour son château) en Provence où il achète une vieille bâtisse qu'il rénove. Il se met également à son compte en tant qu'artisan faïencier. Il vend sa production, fabrique sur commande et continue avec succès cette activité jusqu'à la retraite. Pendant ce temps, Jean Peguet laisse complètement tomber la peinture de chevalet pour se consacrer uniquement à ses faïences. Mais une fois à la retraite, il s'y remet avec enthousiasme et non sans une certaine appréhension.
Dix années passent et il décide de revenir à Roanne. Il ne profitera pas longtemps de son retour au pays puisqu'il disparaît, victime d'une embolie pulmonaire en décembre 1999.
SON OEUVRE
Jean Peguet est un peintre totalement autodidacte. Ce qui est incontestable, c'est qu'il est doué pour le dessin et qu'il a un grand sens des couleurs et de la composition.
Il va devenir membre de la société des Amis des Arts de Roanne et va développer avec constance ses dons. Il est un peintre reconnu dans les années 60-70. on se rend compte alors que Peguet privilégie les paysages et les natures mortes. La composition, toujours solidement étudiée, les couleurs jamais placées au hasard, voilà deux des qualités fortes de Peguet.
Il côtoie Natalia Pavlova, dont le dessin cubistele marquera dans nombre de ses oeuvres. Il assimile aussi les règles cézaniennes de la compisition, joue avec aisance des perpectives.
Il pratique également avec réussite la peinture sur faïence qui sera plus tard son gagne pain. Mais à cette période de sa vie, ses crétions sont très intéressantes et originales.
Nous n'avons hélas que peu de traces de l'oeuvre de Jean Peguet entre 1950 et 1970 car la moisissure, l'humidité et queques années d'oubli ont détruit l'essentiel de sa production d'avant son installation comme faïencier. On peut tout de même dire qu'à cette période, Peguet peignait sur un dessin que l'on pouvait qualifier de cubisme apprivoisé, et c'est dans cette alliance de cubisme et de cézanisme qu'il réussit le mieux.
Le couteau, que Peguet adopta plus volontiers dans la deuxième partie de son oeuvre, lui permet sans aucun doute de traiter les à plats avec une grande sûreté et de densifier sa peinture, de l'épaissir, de lui donner du corps.
Dans tous ses paysages du midi et des Hautes-Alpes, la lumière s'est avivée, les couleurs sont devenues plus claires, plus vives.
On ne sait pas hélas, comment aurait évolué la peintue de Jean Peguet, disparu trop tôt. Peut-être la conjonction de son retour au pays et de sa technique affinée et maîtrisée, lui aurait-elle permis d'explorer d'autres pistes, d'aller vers d'autres découvertes? Nous ne le saurons pas, mais avec les quelques 200 tableaux que le peintre nous a laissés, nous avons encore de quoi régaler notre papille et prendre le plaisir tout simple qu'il y a à partager un moment avec un artiste sincère, pugnace, humble mais ô combien talentueux!
PS: ce récit est le condensé d'un opuscule concocté avec soin par Eric Ballandras, sans qui cette exposition n'aurait pas pu avoir lieu. Qu'il en soit vivement remercié. Voici la vidéo sur cette expo...(une petite erreur s'est glissée à la fin de la vidéo, il ne faut pas lire: incontable mais bien incontournable...avec toutes nos excuses...)
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